L’humidité : le vrai sujet, bien maîtrisé par la conception
Commençons par une clarification technique : le bois ne craint pas l’humidité de l’air, il craint l’eau stagnante. Un bois qui prend l’humidité puis sèche librement se conserve indéfiniment ; un bois maintenu humide en permanence au-delà de 20 pour cent d’humidité interne devient vulnérable aux champignons. Toute la conception d’une maison ossature bois vise donc un objectif unique : que l’eau ne stagne jamais et que la structure puisse toujours sécher.
Cela passe par des dispositions codifiées dans le DTU 31.2, la règle de construction des maisons ossature bois. La structure repose sur une dalle ou un soubassement maçonné avec une garde au sol d’au moins 20 centimètres, si bien que l’ossature ne touche jamais la terre ni les rejaillissements de pluie. Une barrière d’étanchéité sépare le bois de la maçonnerie. Le mur lui-même est un système multicouche : pare-pluie côté extérieur, lame d’air ventilée derrière le bardage, pare-vapeur côté intérieur. Cette lame d’air est le poumon de la maison : elle évacue en continu toute humidité, qu’elle vienne de la pluie ou de la vapeur d’eau intérieure. Ajoutez des débords de toiture généreux et des bois d’ossature traités classe 2, et vous obtenez une structure qui reste sèche par conception, pas par miracle. L’air marin chargé de sel, lui, n’attaque pas le bois : ce sont les métaux qu’il corrode, raison pour laquelle toutes les fixations et connecteurs doivent être en acier galvanisé à chaud ou en inox en zone littorale.